Situé à 2 215 mètres d’altitude, le col portet est l’un des sommets les plus exigeants des Pyrénées. Avec une pente moyenne de 8,7 % et des passages à 12,5 %, cette ascension hors catégorie demande une excellente condition physique. Nous vous présentons cet itinéraire mythique, devenu incontournable depuis les récents exploits du Tour de France.
Pourquoi le col du Portet reste un défi redoutable
Après la vallée d’Aure, attaquons ce monstre sacré qui fait trembler les jambes.

Des pourcentages moyens cachant des rampes sévères
L’ascension affiche 8,7 % de moyenne sur 16 kilomètres. C’est un effort linéaire et sans aucun répit.
Des rampes à 12,5 % brisent notre rythme. Ce dénivelé de 1400 mètres épuise nos réserves d’énergie.
Le corps souffre dès les premiers lacets. L’oxygène se raréfie rapidement.
Comparaison avec le Tourmalet et l’Aspin
Plus raide que le Tourmalet, le Portet rend l’Aspin presque facile. C’est un géant sauvage.
Surnommé le tueur de géants, il ne laisse jamais souffler les coureurs.
Voici les chiffres clés de ce défi.
| Col | Altitude | Longueur | Pente moyenne | Difficulté ressentie |
|---|---|---|---|---|
| Col du Portet | 2215 m | 16,1 km | 8,7 % | Extrême (HC) |
| Col du Tourmalet | 2115 m | 19 km | 7,4 % | Légendaire (HC) |
| Col d’Aspin | 1489 m | 12 km | 6,5 % | Modérée (Cat 1) |
| Hautacam | 1520 m | 13 km | 7,8 % | Sévère (HC) |
Notre itinéraire détaillé depuis Saint-Lary-Soulan
Pour dompter ces pourcentages, une reconnaissance précise du terrain s’impose, en partant du cœur du village.
La première rampe régulière jusqu’à Espiaube
Dès la sortie de Saint-Lary, la route s’élève vite vers le village de Soulan. Le bitume est excellent sur cette portion de la station, offrant un rendement parfait aux cyclistes.
Voici les données à mémoriser pour votre ascension :
- Point de départ : Saint-Lary centre
- Passage clé : Village de Soulan au km 5
- Point d’eau : Fontaine potable à Espiaube
Remplissez vos bidons impérativement ici pour vous ressourcer pleinement. C’est l’ultime confort avant la haute montagne.
Le final sauvage sur une route de service
Après Espiaube, la bifurcation change radicalement l’ambiance. On quitte la route principale pour une voie nettement plus étroite. Le décor devient minéral et austère sous vos roues. La route de service, brute et sauvage, commence véritablement
Le revêtement après Espiaube présente des rigoles de drainage métalliques et un goudron fatigué. Une vigilance extrême s’impose.
Le goudron est granuleux et parsemé de rigoles. Attention aux secousses dans les derniers kilomètres, surtout lors de la descente.
Le tunnel final est court et sombre. Le sommet apparaît juste après cette obscurité soudaine.

Une ascension marquée par l’histoire du Tour de France
Au-delà de l’effort solitaire, ce col est entré dans la légende grâce aux joutes épiques de la Grande Boucle.
Le baptême du feu victorieux de 2018
En 2018, le Tour découvre enfin ce sommet. Le grimpeur colombien Nairo Quintana survole les débats dans le brouillard. Il signe ici un succès magistral et mémorable.
Nous nous souvenons du format de départ en grille inédit. Cette innovation visait à dynamiser cette étape extrêmement courte. Le suspense restait total dès le premier kilomètre de course.
Rappelons le rendez-vous manqué de 1982 car l’arrivée fut annulée. Le Portet a attendu son heure.
Le duel entre Pogačar et Vingegaard en 2021
Le duel de 2021 reste gravé dans nos mémoires. Tadej Pogačar s’impose devant Jonas Vingegaard après une lutte acharnée. Cette victoire confirme sa domination totale.
Pogačar scelle son destin en jaune sur ces pentes. L’absence d’ombre rend l’effort physique insupportable sous un soleil de plomb. Chaque mètre devient une véritable torture psychologique.
L’effort est total. Le Col du Portet est l’un des cols les plus durs que j’ai jamais grimpés dans ma carrière.
Préparer son ascension avec une logistique sans faille
Pour ne pas transformer ce pèlerinage cycliste en calvaire, quelques règles de bon sens et de préparation technique s’imposent.
Route fermée aux moteurs de 9h à 15h en été (depuis Espiaube). Point d’eau : fontaine à Soulan (km 4,7). Ouverture : fin mai après déneigement.
Réglementation de la circulation et accès aux navettes
En été, la route ferme aux voitures entre 9h et 15h dès Espiaube. Nous profitons alors d’une tranquillité absolue. C’est le moment idéal pour grimper sans stress.
Les accompagnateurs peuvent utiliser les navettes au départ de Saint-Lary. Cette option s’avère pratique pour nous rejoindre au sommet sans effort. Le panorama reste ainsi accessible à tous.
Le déneigement s’achève généralement fin mai. Vérifions toujours l’ouverture réelle avant de charger les vélos.
Choix du braquet et gestion du ravitaillement
Un braquet de 34×32 devient indispensable pour les amateurs. Ne surestimons pas nos forces face à cette pente redoutable. La gestion de l’effort reste la clé du succès. Évitons de nous mettre dans le rouge.
- Coupe-vent pour la descente
- Gels énergétiques
- Deux bidons pleins
À plus de 2000 mètres, les rafales sont fréquentes. La descente demande une grande vigilance.
Une immersion totale au cœur du massif de la Néouvielle
Une fois l’effort terminé, la récompense n’est pas seulement sportive, elle est visuelle et sauvage.
Un panorama unique sur les sommets pyrénéens
Depuis la table d’orientation, le spectacle nous laisse sans voix. Nous dominons toute la vallée d’Aure avec une clarté saisissante. Les sommets environnants se dévoilent enfin devant nos yeux.
À 2 215 mètres d’altitude, l’horizon s’élargit. Nous observons souvent la faune locale comme les marmottes. Ce point de vue reste un moment fort.

L’air pur nous revigore instantanément. Le calme est saisissant face à cette immensité.
Localisation : Cœur du massif de la Néouvielle. Faune : Marmottes, vaches et moutons visibles. Accès : Porte d’entrée du Parc National des Pyrénées et du GR10.
Des sentiers de randonnée vers les lacs d’altitude
Le GR10 passe directement par le col pour les marcheurs. C’est une porte d’entrée idéale vers la réserve de Néouvielle. Les sentiers sont bien balisés et très accessibles. Nous profitons d’un terrain de jeu naturel exceptionnel.
Rejoindre le lac d’Aubert à pied est tout à fait possible. Comptez une bonne heure de marche.
Les troupeaux partagent l’espace. Les marmottes sifflent souvent aux alentours.
En venant à bout de cette ascension exigeante, nous profitons d’une récompense visuelle unique au cœur du massif de la Néouvielle, entre sommets sauvages et lacs d’altitude. Le col du Portet s’impose comme une destination privilégiée pour les amoureux de nature, mais prendrons-nous le temps d’observer les marmottes au sommet ?
FAQ
Le Col du Portet est-il plus difficile que le mythique Tourmalet ?
Absolument, et les chiffres sont sans appel ! Bien que le Tourmalet soit plus célèbre, nous considérons le Col du Portet comme le véritable « tueur de géants » des Pyrénées. Avec une pente moyenne de 8,7 % sur 16 kilomètres, il surpasse ses voisins par sa rudesse constante et son absence totale de répit. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est classé comme la deuxième ascension la plus difficile de France par PJAMM Cycling.
Alors que l’Aspin peut sembler presque accessible pour un cycliste entraîné, le Portet impose un effort brutal dès les premiers lacets. Si le Tourmalet impressionne par son altitude, le Portet nous épuise par ses rampes sévères qui ne permettent jamais de relâcher la pression sur les pédales.
Quelles sont les caractéristiques techniques de distance et de pente pour cette montée ?
Pour dompter ce géant depuis le centre de Saint-Lary-Soulan, nous devons affronter une ascension de 16,1 kilomètres pour un dénivelé positif total de 1 405 mètres. L’arrivée se situe à une altitude impressionnante de 2 215 mètres, nous offrant un panorama unique sur le massif de la Néouvielle.
La pente moyenne de 8,7 % cache des passages encore plus redoutables. Nous rencontrons régulièrement des sections dépassant les 10 % dans les premiers kilomètres, et le profil affiche une rampe maximale de 12,5 %. C’est un défi hors catégorie qui demande une excellente condition physique et une gestion millimétrée de son énergie.
Quels coureurs ont marqué l’histoire du Tour de France au sommet du Portet ?
Le Col du Portet est entré dans la légende de la Grande Boucle en 2018 avec la victoire éclatante du grimpeur Nairo Quintana. Cette étape, marquée par un format de départ inédit en grille, a révélé au monde entier la difficulté extrême de ce sommet resté longtemps dans l’ombre du Pla d’Adet.
En 2021, c’est le champion Tadej Pogačar qui a marqué les esprits en s’imposant au sommet pour sceller son destin en jaune. Le coureur slovène a d’ailleurs qualifié le Col du Portet comme l’un des cols les plus durs qu’il ait jamais grimpés dans sa carrière, soulignant l’exigence de cette montée sous un soleil souvent implacable.
Comment est réglementée la circulation des voitures pour les cyclistes en été ?
Pour nous garantir une tranquillité absolue, l’accès motorisé est strictement réglementé durant la saison estivale. Entre début juillet et début septembre, la route est généralement fermée aux véhicules motorisés de 8h30 à 18h00 à partir d’Espiaube. Cela nous permet de profiter de la route de service en toute sécurité, sans le stress du trafic automobile.
Si vos accompagnateurs souhaitent rejoindre le sommet, nous leur recommandons d’utiliser la télécabine d’Espiaube ou les navettes mises en place depuis Saint-Lary. Notez que le déneigement complet de la route se termine habituellement fin mai, il est donc prudent de vérifier l’état d’ouverture avant de programmer une ascension printanière.
Quels conseils pratiques suivre pour réussir l’ascension et la descente ?
Côté matériel, nous vous conseillons vivement d’opter pour un braquet adapté, comme un 34×32, pour affronter sereinement les pourcentages à deux chiffres. N’oubliez pas de remplir vos deux bidons à la fontaine d’eau potable du village de Soulan (km 4,7), car c’est le dernier point de ravitaillement avant le sommet, où l’ombre se fait inexistante.
Pour la descente, la plus grande vigilance est de mise. Le revêtement devient plus granuleux et « fatigué » après la bifurcation d’Espiaube. Nous devons rester particulièrement attentifs aux rigoles métalliques de drainage qui traversent la chaussée. Enfin, prévoyez toujours un coupe-vent : à plus de 2 000 mètres d’altitude, le vent souffle souvent fort et la température chute rapidement.
Peut-on accéder à des sentiers de randonnée depuis le sommet ?
Oui, et la récompense est magnifique ! Le Col du Portet est une porte d’entrée privilégiée vers la réserve naturelle du Néouvielle. Le sentier de grande randonnée GR10 passe directement par le col, nous permettant de rejoindre des sites exceptionnels comme les lacs de Bastan ou le lac d’Aubert en environ une heure de marche.
C’est une immersion totale dans une nature sauvage où nous pouvons facilement observer des marmottes et croiser des troupeaux en estive. Que ce soit pour une simple promenade vers la table d’orientation ou pour une randonnée plus longue, le panorama sur la vallée d’Aure est tout simplement saisissant.



